Gestion d’un boisement

Jérémie Solère, stagiaire au GPMM (Grand Port Maritime de Marseille) a réalisé une gestion de l’espace boisé de La Feuillane, une dehesa. Il vous expliquera ses actions le 17 Juin à 18h.

Extraits de la table ronde : La zone méditerranéenne est un « hotspot », c’est-à-dire une zone de haut intérêt, de la biodiversité mondiale. Les usages anthropiques tels que le pâturage extensif sont extrêmement importants pour le maintien de la biodiversité dans la zone d’étude.

Musique : Fabien Marschal

2 réponses sur “Gestion d’un boisement”

  1. Questions qui nous sont parvenues :
    – Dans la séquence gestion du boisement (autour de 3’20 / 3’30), je n’ai pas compris l’articulation entre le fait que les chênes verts se remplacent (par glands) que dans des peuplements clairs, et le fait qu’on va ouvrir le boisement dense par du pâturage (précédé d’un débroussaillage) pour les favoriser. A-t-on pris soin de vérifier que le pâturage bovin ne va pas justement empêcher le régénération ? Car si c’est la cas (très probable selon moi), alors la régénération sera bloquée jusqu’à ce qu’une phase de déprise viennent la débloquer (en masse). Je pense que c’est comme ça que fonctionne les chênes sempervirents, ils se régénèrent en masse pendant des phases courtes mais « explosives » (toutes proportions gardées).

    – Et le chêne kermès arborescent, dont on fait l’éloge au début et à juste titre (je fus un des sinon le premier à attirer l’attention sur eux sur ce site dans les années 2005), que devient-il dans ce plan de gestion ? Va –t-on à minima le préserver ? Pourquoi pas le favoriser ? C’est un peu dommage de ne pas en parler, et s’il a carrément été omis du plan de gestion alors c’est une erreur regrettable. Ils ont une valeur patrimoniale bien plus exceptionnelle à l’échelle régionale voire internationale que les « simples » chênes verts du site…

    Réponse de Jérémie Solère :
    « – Première question : c’est effectivement un risque qui est documenté, c’est pourquoi dans le cadre du suivi une attention toute particulière sera portée sur les jeunes pousse de chênes verts et leur mise en défend.
    – Seconde question : ce dont je me suis rendu compte en étudiant la zone en détail, c’est que justement ces chênes kermes arborsecent étaient présents en plus grand nombre soit en lisière des zones denses ou bien dans l’extrême sud du site où , justement, le pâturage était possible. A contrario, on en trouve pas dans les zones où on a débroussaillé.
    Globalement, sur l’ensemble du site, c’est cette zone extrême sud, celle qualifiée de dehesa qui présente tous les avantages : plus de pousses issues de gland, plus de chênes kermes arborescents. »

  2. Question reçue sur la chaîne YT :
    « Dans les zones proches de la roubine, y-a-t’il concurrence entre le peuplier et le chêne vert? Aussi, les zones ouvertes de la dehesa n’offrent-elles pas un habitat favorable à certaines plantes invasives (je pensais au Baccharis, plutôt fréquent dans ce coin là) »

    Réponse de Jérémie Solère :
     » Bonjour
    Pour les peupliers, oui. Il y a concurrence, ou du moins ils poussent parfois un peu plus loin dans la forêt. D’ailleurs une zone proche de la ripisylve est bien envahie mais on ne l’a pas touchée car c’est aussi une zone ou du très gros bois, mort naturellement, était présent.. La portion concernée, était déjà ouverte et lieu de passage des vaches. Nous avions surtout de gros bosquets de filaires qui avaient tendance à fermer l’espace. On en a enlevé et laissé les quelques chênes déjà présents. Aujourd’hui la strate herbacée repart bien. On peut aussi noter, concernant les peupliers, que certains gros spécimens ont poussé dans les zones au cœur de la forêt et qui n’avaient et n’ont pas fait l’objet de travaux.

    Pour le baccharis, il n’y en a pas de ce côté à ma connaissance. Ils sont vers le marais à l’ouest. Concernant les autres invasives, je me suis naturellement penché sur les conséquences du défrichement et des risques qu’il pouvait représenter en amont des travaux. Plus particulièrement sur des études menées en sylviculture par l’ADEME sur la gestion des rémanents de coupes (https://www.ademe.fr/projet-resobio-gestion-remanents-forestiers-preservation-sols-biodiversite). Nous ne pouvions les exporter j’ai donc cherché à savoir ce à quoi je pouvais m’attendre. Il semble d’après cette étude que procéder à un broyage sur place et laisser les résidus favorise l’expression de la flore contenue dans la banque de graines du sol et limites celle des plantes invasives.

    Pour l’heure, quatre mois après les travaux nous avons une strate arbustive qui repousse sur les zones ouvertes, mais la strate herbacée se développe aussi, à partir des anciens chemins, sur les zones qui n’étaient pas fermées et surtout au sud de l’espace qui lui a toujours été ouvert. « 

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